NINA HARKER “S/T”

Je l’ai écouté d’une traite le temps d’un voyage en Overground – notre RER à nous – et c’était une sacrée expérience. De sillonner l’Ouest et le Nord de Londres, entre friches pelées et concessionnaires automobiles, gigantesques réservoirs à gaz victoriens. Et dans la rame cette jungle de bras tendus, ces carapaces joufflues de textile, cette lumière à la Suspiria qui zèbre. Orange, jaune pisseux, marron de ténèbre.

Je crois que je ne vais pas savoir bien en parler mais si j’essaye, il ne faut pas d’emphase, pas de titre par titre. D’ailleurs il n’y en a pas, de titres. Et pas de découpage plan-plan non plus. C’est quinze minutes par face, on entend même la cassette qui démarre. Ça me met direct dans l’ambiance. Après c’est l’errance.

Pas d’emphase, pas de parallèles. Sinon celui, épatant et sans doute involontaire, avec la pochette fleur séchée ainsi qu’aux premières notes du From gardens where we feel secure de Virginia Astley. Sauf qu’aux pioupious gracieux qui nichent au creux des pianos cristallins ont succédé les corbacs creveurs de mirettes et les bourrins bien tempétueux qui te cavalent sur la ganache.

Et le cristal est fendu, ébréché.

Je ne parlerai pas davantage des sons, parce que je ne crois pas que cela soit le plus important ici. Et c’est rafraichissant, en fait. De se dire que tu attrapes le Casio à tes pieds, la guitare espagnole et tu y vas. Et que dans l’intention et le muscle y a ce qu’il faut. Ça devient presque neuf et époustouflant d’abandonner cette sensation bizarre de zoner en permanence sur la page commentaires de Thomann.fr.

C’est folk music, dans ce sens très rare. J’y crois.

Passionnant, le duo l’est. Et libre surtout. Mais pas passionnant et libre façon je fais des accords sur 28 frets et du jazz biguine zoukini, prog grog, Francis Lai, prod de ouf, session générique Thalassa breaké, post punk à chien Dobermann style represent, eh ouais mec, tainpu c’est le rock, attention danger.

Pas du tout.

La menace plane mais pas déguisée en bad guy bien ploucasse. Se lardant plutôt de beauté plausible ; qui fane, s’effeuille, comme en vrai.

Par ici :a3131533251_10

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Super label >>> https://lesyndicatdesscorpions.bandcamp.com/album/nina-harker

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