BRIGHTER “AROUND THE WORLD IN EIGHTY DAYS”

Dans ma chambre universitaire à Grenoble, installée dans l’ancien village olympique des Jeux de 1968, au deuxième étage du Pavillon suisse, j’étais tout twee, jusqu’à l’hypnose pour le single orange au lettrage illisible, Sarah 19, acheté 3 € en ville, cette chanson surtout, sur mon petit électrophone vintage, en me nourrissant quasi exclusivement de Kréma Festival (en paquet familial) et de crevettes roses calibre 60/80 achetés au Carrefour d’Échirolles tout proche – je n’avais qu’à traverser la rue – les yeux rivés vers le massif de Belledone. Honnêtement, Brighter m’a sans doute beaucoup plus accompagné, et dans des heures plus cruciales que d’autres noms ronflants que j’agiterais aujourd’hui avec morgue à l’occasion d’un millionième concours de zobs musicologique. Les moments de doute, le « déracinement », l’accent dauphinois, (…), je les ai affrontés plus dignement en compagnie de ces garçons mal dégrossis de Worthing. Un peu comme si on se pouvait se serrer les coudes à 15 ans et mille kilomètres de distance. Plus tard à Londres, au cours de booms pour grands timides dans des caves sympathiques, des hangars ferroviaires, des châteaux d’eau/MJC, (…), j’ai pu constater que des coudes, il en pleuvait de partout. Pour un temps, on s’est dandiné thaumaturgiquement comme une brioche tressée humaine, échangeant sans mot dire d’une semaine sur l’autre ces failles cajolées, comme autant de stickers Panini existentiels.

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